Choix du bateau

Possédant actuellement un bateau de 29 pieds, je me rends bien compte qu'il me faut au moins un voilier de 11-12 mètres pour pouvoir effectuer de longues traversées avec un minimum de confort et de sécurité. Car je compte pouvoir stoquer au moins 200 à 300 litres d'eau et de gasoil, 3 mouillages complets (ancre de 15 à 20 Kg avec suffisamment de chaîne et de cablôt), suffisamment d'outillage et de pièces de rechange pour tous les éléments importants qui s'usent et peuvent se perdre ou se casser, une annexe avec moteur, de la nourriture, ... et ...

Je souhaite avoir un bateau qui puisse se redresser facilement aprés un chavirage, c'est en général le cas pour les formes de coques traditionelles mais j'en doute un peu pour les coques actuelles qui sont souvent très larges par rapport à la longueur, ce qui leurs permet de flotter sur le pont lorsque le bateau est retourné à 180°.

J'aime les voiliers rapides comme les multicoques mais personnellement j'aurai peur de naviguer en solitaire sur un tel voilier car il suffit d'une montée de vent un peu trop rapide pour que le bateau chavire sans possible retour une fois la limite de la gîte dépassée.

Je ne suis pas encore fixé sur le choix du matériau, les coques en polyester ou composite bois/époxy ont l'avantage d'être faciles à entretenir, légères et assez solides. L'acier est certainement plus résistant, donc plus sécurisant mais aussi plus délicat à cause des problèmes de corrosion et l'aluminium n'est en fait pas si mal si on prend bien soin de remplacer l'anode quand c'est nécessaire.

Plus je m'informe et plus je m'aperçois que la solidité de la coque est importante. En mer, il y a de plus en plus de risques de collision avec des OFNIs (Objets Flottants Non Identifiés) et parfois massifs comme les containers et les troncs d'arbre qui peuvent causer des dégats importants sur les coques, en plus, comme je souhaite naviguer dans le grand sud, il faut que la coque puisse mieux résister aux morceaux de glace rencontrés.

Outre la solidité, les coques en métal sont de bonnes cages de Faraday, pas ou peu de risques avec la foudre, ni pour les humains ni pour le matériel électronique.

Après avoir lu le chapitre 3 (Tendances architecturales) de l'excellent livre Navigation par gros temps, je réalise aussi que les voiliers modernes sont plus performants mais malheureusement au détriment de la sécurité et plus précisemment de la robustesse, de la stabilité et de leurs qualités marines en général.

Les articles de Banik [Entrée du rio Dulce] et surtout [Comment tenir un cyclone dans un trou de mangrove ?] soulignent l'importance d'avoir un faible tirant d'eau, je pense donc opter pour un bateau avec quille relevable (ou dériveur) qui permet d'avoir un voilier solide et performant à toutes les allures mais aussi un faible tirant d'eau quand c'est nécessaire.

Au premier abord, les Pogo 30 & 12,50, Django 9.80 et 12.70, Mojito & Malongo 1088, RM 1070 & 1270, Opium 39 et Southerly 32/36/38 me plaisaient beaucoup mais après maintes lectures et maintes réflexions je pense opter pour un voilier en aluminiun genre :

17 Septembre 2017 - Un peu plus d'un an après avoir rédigé cette page, après avoir lu pas mal de bouquins, vu beaucoup d'annonces de bateaux à vendre et visité quelques uns (voir la page Niouses), pour la solidité, je suis maintenant persuadé qu'il sera en acier, ce sera probablement un ketch ou une goélette et la taille se situera entre 12 et 15 m car je pense qu'un voilier de 15 m peut être maneuvré sans problème par une personne seule. Ce sont des voiliers massifs (20t ou plus) mais mis à part le fait qu'ils nécessitent plus de vent pour bien marcher, ils sont moins sensibles pour les manoeuvres au port et supportent mieux la houle grâce à leur inertie.

16 Février 2018 - Ça y est, je me suis décidé pour un Patagonie 39 en acier.


Un beau coucher de soleil sur le pont de Mikeno
Un beau coucher de soleil sur le pont de Mikeno

Filet sur filières
Filet sur filières

L'OVNI 39, dériveur intégral
L'OVNI 39, dériveur intégral

Les indispensables

Quelque soit le choix, je souhaite absolument avoir un portique afin de pouvoir y accrocher l'annexe, pour y fixer panneaux solaires et éolienne ainsi que pour faciliter l’installation d’un taud (bimini).

Pour la navigation en zones froides et aussi par gros temps, il serait intéressant de pouvoir manoeuvrer le bateau depuis l'intérieur de la cabine comme c'était le cas pour « Joshua », le voilier de Moitessier mais une protection en dur à l'avant du cockpit (casquette) comme pour les voiliers du vendée-Globe est à mon avis la meilleure solution jusqu'à ce jour, ça a aussi l'avantage de protéger des intempéries l'entrée du carré.

Une annexe comme la BIC 245 (avec un petit moteur hors-bord, une petite ancre, un peu de chaîne et du cablôt) qui est plus résistante que les annexes gonflables, des lignes de vie en sangle et aussi un filet solide à petites mailles (genre filet de pêche) tout le long des filières.

Comme le recommandait Bernard Moitessier, il est très important de bien répartir les charges sur un voilier et de ne pas surcharger ni la proue ni la poupe.

Très important aussi, surtout pour les navigateurs solitaires, le régulateur d'allure (Beaufort, Sailomat, Scanmar, CapHorn, WindPilot) qui est une excellente alternative au pilote automatique électronique car il ne consomme pas d'énergie mais attention, quand le vent tourne, le bateau aussi !

... mais aussi le CRAB (Consigne pour Régulateur d’Allures à Basse consommation), c’est un ingénieux système permettant de remplacer le pilote automatique qui est un gros consommateur d’énergie. Il s’agit d’un pilote automatique mettant en œuvre un calculateur classique, avec compas et accéléromètre mais remplaçant le vérin hydraulique par la mécanique du régulateur d’allure. L’énergie nécessaire à la correction du cap ne provient pas des batteries mais de la pale immergée du régulateur d’allure, le calculateur fonctionnant avec 4 batteries AA faciles à remplacer et à recharger. Le prototype du CRAB fonctionne sur un régulateur Orion (Beaufort) mais il peut être adapté à d’autres modèles.

Suivant le même principe, il semble qu'il soit possible d'utiliser des petits modèles de pilotes automatiques (Raymarine ST1000 ou Simrad TP10) sur certains régulateurs d'allure (CapHorn et WindPilot) qui s'occupent de tenir le cap en ne consommant que très peu d'énergie car ils jouent le rôle de la girouette (l'aérien), la force nécessaire pour agir sur la barre ou la roue provenant du régulateur d'allure.

Il serait intéressant de pouvoir installer un système qui déconnecte le pilote ou le régulateur et force le bateau à tourner en rond pour le cas où le skipper tomberai à la mer, surtout s'il est seul à bord !


Casquette coulissante sur Banque populaire
Casquette coulissante sur Banque populaire

Régulateur d'allure
Régulateur d'allure

Voir aussi :
- Gréement
- Mouill. & amarr.
- Achat bateau